Dans le cadre de ce groupe de travail, l'un des thèmes consiste à explorer les possibilités des logiciels libres de traitement du son pour améliorer l'audition dans le cas de troubles auditifs de type presbyacousie .

Sur le plan biologique, il s'agit d'une surdité de perception, c'est à dire que la transmission se fait bien au niveau de l'oreille externe et moyenne, mais c'est au niveau de l'oreille interne que ça se gâte.
La conversion du signal reçu au niveau de la cochlée en signal transmis vers le nerf auditif est perturbée car les cellules ciliées qui sont censées faire le boulot (transformer les mouvements de leurs cils générés par les vibrations sonores en signal électrique pour le nerf auditif) ont pris un sacré coup de vieux.
Si je peux me permettre une analogie, la membrane du micro vibre correctement mais le convertisseur analogique/numérique n'est pas très performant.

Il s'en suit des manifestations cliniques telles que :
  • la modification du seuil de perception auditive, d'où la perte et la déformation auditive sur certaines fréquences surtout les aigües, qui se traduit par des troubles de l'intelligibilité du langage surtout en milieu bruyant et la difficulté à définir la nature et l'origine d'une source sonore. Un tableau clinique très caractéristique est celui de Tryphon Tournesol dans Les Aventures de Tintin (sans les moustaches (!).
  • l'augmentation des seuils de perception et la baisse des seuils d'inconfort auditif (hyperacousie ) crée une "dynamique pincée" qui oblige à jouer de la molette de volume lors de l'écoute de flux audios pour ne pas saturer ses oreilles quand la bande son s'affole,
  • la perception de bruits fantômes (acouphènes ) comme un générateur de bruit blanc installé à demeure dans la tête.

L'un des objectifs de ce travail est de trouver des techniques qui permettent de réaliser soi-même sa petite cuisine auditive, interagir avec son environnement sonore par le biais des techniques de traitement du son et proposer à ses oreilles un son le plus proche possible du son réel mais traité de façon à compenser les pertes, à diminuer les distorsions, à le débarrasser de ses composantes désagréables...
Bref, trouver les bons ingrédients et la bonne recette pour recomposer un environnement sonore adapté au trouble auditif.

et les prothèses auditives dans tout ça ? Pourquoi pas, sauf que si on choisit ce type d'équipement :
  • on ne choisit pas directement un appareillage, mais c'est l'audioprothésiste au vu des tests effectués, des besoins, du mode de vie..., qui oriente vers la meilleure solution existante aujourd'hui sur le marché des prothèses,
  • on n'a pas accès aux spécifications techniques qui permettent de connaître exactement ce que fait la prothèse,
  • on n'a aucun moyen d'accéder directement aux réglages de la prothèse, et qu'au moindre bémol de travers, on est contraint de frapper à la porte de son audioprothésiste pour qu'il réajuste les réglages; sur le plan de l'autonomie, on peut faire mieux...
  • on aura certainement des super-mini-prothèses au design hyper branché que personne ne verra d'ailleurs tellement elles sont petites, et personne ne comprendra pourquoi on ne comprend rien quand tout le monde parle ensemble, car si les prothèses améliorent les choses, elles ne rendent pas une audition parfaite,
  • sans compter que tout cela coûte très cher et que pour le même budget on peut surement se former, s'équiper, faire ses réglages, les modifier, faire évoluer son équipement et partager tout ça avec ceux qui en auront besoin.

Le travail sur l'audition a consisté à tester certains effets sur des échantillons sonores. Des résultats intéressants ont été obtenus avec l'égaliseur et le compresseur utilisés régulièrement lors de transcriptions ou de visionnage de vidéos.

Une autre piste de travail a consisté à essayer de reproduire le fonctionnement d'une prothèse auditive. Avec Ardour, on peut écouter son environnement sonore, et régler des effets à la volée en adaptant directement les effets à ses besoins. C'est pas le top côté rendu sonore (souffle...bruits parasites...) mais c'est un début; et tout ça avec un eeepc.

Voilà, les pistes de travail sont nombreuses, et si certains veulent en discuter ça se passe le 15 janvier à Paris ! http://wiki.april.org/w/BarCamp_accessibilit%C3%A9_et_logiciels_libres_201

Pour toute information, vous pouvez contacter le groupe de travail accessibilité à l'adresse accessibilite à april.org.

posté par : Mariep
édité/modéré par : Olinuxx